Les atouts d’un terroir béni
Perle de la Renaissance, le Périgord est – ne l’oublions pas – le berceau de plusieurs sites historiques de première importance. Outre les innombrables grottes ornées à flanc de falaise occupées par les chasseurs du paléolithique, la vallée de la Vézère est considérée comme l’équivalent européen de la Vallée des Rois égyptienne. A commencer par les Eyzies, au centre de la « Communauté de communes Terre de Cro-Magnon ». Sur une superficie de 26 000 hectares, musées et gisements permettent, notamment à travers la découverte des outils en os et en silex, de découvrir le mode de vie de nos ancêtres, et d’admirez les dessins et les fines gravures considérées comme les premières œuvres d’art de l’humanité. Autre point d’intérêt majeur, sur la commune de Montignac, la célébrissime grotte de Lascaux, découverte par hasard en 1940, fermée en 1962 mais doublée en 1983 de sa réplique fidèle ouverte au public, Lascaux II. Ses peintures n’ont pu être datées avec précision, mais l’on s’accorde à dire qu’elles remontent à 15 000 ans avant notre ère !
Terroir béni au climat parfaitement tempéré, irrigué de toutes parts, naturellement fertile et propice à l’activité humaine, le Périgord accueillit à l'époque romaine un peuple celte, les Petrocorii, qui lui léguèrent leur nom. Objet de toutes les convoitises, le comté formé au XIe siècle passera sous le joug anglais avec le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et du roi Henri II Plantagenêt en 1152, avant d’être rattaché à la maison de Foix en 1470. Le Moyen Âge apporta des centaines d’églises et de places fortes (comme Castelnaud, Domme ou Beynac). Pendant la Renaissance, le Périgord allait s’enrichir d’incomparables châteaux aux fenêtres à meneaux, aux lucarnes sculptées et aux tourelles en surplomb. C’est alors que naquirent les hôtels de Sarlat, parfaitement conservés et fierté de la ville. Le destin de cette terre de légende bascula définitivement en 1607 quand Henri IV l’incorpora au domaine royal. En 1790, le Périgord fut détaché de la généralité de Bordeaux pour former grosso modo ce qui allait devenir l’actuel département de la Dordogne.
Chefs-d’œuvre de pierre
Essentiellement rural, ce territoire alterne plateaux agricoles (blé, maïs, arbres fruitiers, vigne, tabac), tandis que ses vallées sont constellées de micro-élevages bovins. Le noyer et le chêne truffier y sont cultivés à grande échelle, même si la production de truffe, le diamant noir du Périgord, a chuté de plusieurs centaines de tonnes par an au début du XXe siècle à moins de 5 tonnes annuelles actuellement ! « La magie du Périgord, pour Marie Pedreno, de Péri-Pierres Immobilier, vient de ce mélange unique entre nature préservée, climat très agréable et vieilles pierres à la noblesse sans pareil. » Châteaux, chartreuses, manoirs ou maisons de village, l’offre pléthorique de biens d’une extrême noblesse explique l’engouement dont Bergerac, Périgueux, Sarlat et leurs environs continuent de bénéficier malgré la crise. Les professionnels de l’immobilier sont unanimes pour constater qu’après une dizaine d’années de surenchère, les prix reviennent à des niveaux plus justifiés, voire assainis. D’environ 300 000 e pour un beau corps de ferme à restaurer à 800 000 e pour un manoir en parfait état (soit environ 25 % de moins qu’en 2007), le Périgord n’a jamais semblé aussi alléchant. La mise en vente de centaines de biens appartenant à des Britanniques subissant de plein fouet la crise économique opère comme une redistribution des cartes, la clientèle française étant à nouveau en mesure de se manifester. Reste le cas des propriétés hors normes, qui gardent leur magnétisme malgré des durées de présence sur le marché allongées. Vendus jusqu’à 10 millions d’euros voire plus, les châteaux Renaissance attirent une clientèle internationale qui, bien souvent, n’a pas trouvé son bonheur en Provence. Ces chefs-d’œuvre de pierre ont traversé sans trembler quatre à cinq siècles d’Histoire ; leur mémoire est la meilleure des assurances !
L. C.