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24 Juillet 2008

Paris : Les étrangers dopent le marché

Eté 2008

« Le marché du très haut de gamme se porte mieux que le reste du marché. On sent un petit ralentissement mais sur les produits exceptionnels, la demande étrangère reste très importante.  » 


Charles Marie Jottras,
président du groupe Daniel Féau.

Le luxe, c’est avant tout, une localisation hors du commun. Pas question, en effet, de raisonner en prix au mètre carré. C’est l’adresse qui compte. Au rang des grands classiques, l’avenue Montaigne (8e), l’avenue George V (8e), les rues François 1er (8e), Guynemer (6e), Barbet de Jouy (7e), le quai Voltaire (7e)…

 

Plus importante encore, la présence d’un monument ou d’un jardin. Pour une vue mythique sur le Champ de Mars, les Invalides, le Luxembourg, le Panthéon ou encore les quais de la Seine et Notre Dame, les candidats à l’exception sont prêts à se damner.  Encore faut-il que l’immeuble et l’appartement en lui-même possèdent tous les apparats du luxe : pierre de taille, parties communes et plans irréprochables (vastes pièces de réception), éléments de décoration authentiques (moulures, boiseries…), prestations de haute volée (climatisation, sécurisation).  Les terrasses sont aussi plebiscitées. Bref, pour peu que tous ces ingrédients soient réunis, la clientèle ne s’émeut pas outre mesure des valeurs rencontrées sur la place. Pour autant, c’est un micro marché. Le ralentissement des ventes tient à la rareté de l’offre. Quant au neuf susceptible de revendiquer l’appellation luxe, il est quasiment inexistant.

 

 

3 Questions à …Patricia Hawkes et Laurel Conway
Agence Hawkes

 

1. Qu’est ce que recherchent les acquéreurs de châteaux ?
Ils recherchent une architecture intéressante avec un environnement naturel et préservé. Ce qu’ils veulent c’est la campagne à une ou deux heures de Paris. Par exemple la Touraine, la Bourgogne, la Normandie… Mais, peu à peu, les châteaux perdent leur territoire car le foncier est souvent morcelé. Les acquéreurs sont vraiment des passionnés de vieilles pierres. Car il faut beaucoup d’énergie pour s’occuper d’un château.

 

 

2. Sur le terrain des appartements d’exception, quelle clientèle rencontrez-vous ?
Le cœur de notre activité est la clientèle anglo saxonne qui considère le monde comme un village.  Comme les marchés américain et londonien sont en baisse, ces acquéreurs pensent pouvoir pratiquer les mêmes négociations que dans leur pays. Ce n’est pas possible, même s’il est vrai que le marché parisien n’est pas toujours très raisonnable. On voit encore des 300 mètres carré à refaire entièrement à 6 millions d’euros.

 

 

3. Y a-t-il de nouveaux secteurs à la mode ?
Le quartier de l’Etoile demeure une valeur sûre. L’avenue Foch est redevenue à la mode grâce à la clientèle russe et d’autres pays émergents de l’Est. Ils cherchent de préférence des grandes surfaces et c’est notamment là qu’on les trouve.


Les quartiers

 

Palais Royal, Louvre, Concorde, Saint-Honoré
Ancien  de 8 000 à 11 000 euros/ m2
Neuf -

 

Ce sont de petits marchés où l’offre est inférieure à la demande, les beaux appartements se vendent rapidement, parfois en l’espace de quelques jours.  Les quartiers Palais Royal, Louvre, Concorde, Saint-Honoré se négocient entre 8 000 et 11 000 euros le mètre carré dans le haut de gamme. Il est vrai qu’ici Italiens, anglais, américains… se disputent les meilleures adresses. Pour des rues moins cotées,  les valeurs chutent  à 6 000/7 000 euros le mètre carré, comme rue Saint-Denis ou boulevard Sébastopol.  Dans le 2e, si le Sentier reste en dessous de la moyenne de l’arrondissement (entre 5 500 et 6 500 euros le m2), les meilleurs quartiers oscillent entre 7 000 et 9 000 euros le m2. Parmi ceux-ci, la rue Montorgueil  dont les Italiens raffolent. C’est devenu un marché de report de la clientèle du Marais. Même valeurs dans le 3e, notamment autour de Beaubourg.

 

Le Marais et l’île Saint-Louis, Saint-Germain
Ancien  de 7 500 à 20 000 euros/ m2
Neuf -

 

Italiens, Irlandais, Suisses, Américains, Anglais font quasiment 25 % du marché du 4e. Et l’offre qui se situe entre 8 000 et 12 000 euros le m2, peut s’envoler à des prix exorbitants place des Vosges : entre 15 000 et 20 000 euros le m2. L’île Saint-Louis peut également atteindre ce niveau sur les meilleures expositions des quais. Le 5e arrondissement est à peine moins cher que le 4e : 8 180 euros le mètre carré moyen et peut se vanter d’être dans le peloton de tête des arrondissements  les plus courus.  La clientèle étrangère achète sans sourciller, avant tout pour se faire plaisir. A 3, 4, 5 ou 10 millions d’euros, il n’y a d’ailleurs plus que des étrangers. En dessous de ce seuil, la part des Parisiens est plus importante.


Les champs Elysées et le triangle d’or
Ancien  de 10 000 à 20 000 euros/ m2
Neuf -

 

Pays arabes, anglo-saxons,  européens se partagent l’essentiel du marché. Comme toujours, les saoudiens conservent une préférence pour les grands appartements des avenues Foch ou Montaigne – au bas mot 15 000 à 18 000 euros le mètre carré - et les hôtels particuliers proches du Champs de Mars, des Invalides ou du Trocadéro qui valent des prix faramineux. Même folie des grandeurs chez les russes qui achetaient jusqu’à présent surtout sur la Côte dAzur, mais qui s’installent dé-sormais aussi à Paris et notamment sur les champs-Elysées.


La cote du luxe

 

Prix minimum / Prix maximum

 

Loft   6 000 euros/ m2 11 000 euros/ m2

 

Appartement  5 000 euros/ m2 12 000 euros/ m2

 

Fourchette de prix Juin 2008 réalisée par Demeures & Châteaux à partir d'une base d'informations interne issue  des annonces de nos partenaires agents immobiliers.