![]() 11 Février 2009Le Paris historique ne connaît pas la criseDemeures & Châteaux n° 180
Malgré des délais de vente qui se sont allongés, des biens avec défauts qui se vendent moins bien et un bras de fer tendu entre vendeur et acquéreur, le produit d’exception parisien reste en marge du marché traditionnel, avec ses propres lois, ses prix et sa clientèle, loin des turbulences financières actuelles.
Pour preuve, selon l'« Annual Wealth Report » 2008 de Knight Franck, en collaboration avec Citi Private Bank, la pierre de prestige est toujours autant prisée par les investisseurs. Cette année, les prix des belles demeures et des biens de luxe ont augmenté de 11 % en moyenne, la pénurie des biens d'exception par rapport à la demande engendrant l'envolée des prix. Et la ville à la Dame de fer a son mot à dire en la matière ! Même si le prix du m2 n'atteint pas celui de Saint-Tropez, son immobilier haut de gamme est également dans une phase ascendante. Le grand standing parisien attirant surtout une importante clientèle fortunée d'étrangers à la recherche de l'unique, du rare et même le collectionneur d'appartements, prêt à faire monter les enchères avec son budget illimité. En tête de liste, on retrouve les quartiers de Neuilly et de Passy ainsi que les huit premiers arrondissements de Paris avec en très bonne position les secteurs historiques, tels le IIIe, IVe ou encore le VIe. Quels qu’en soient les prix, entre l’île Saint-Louis, le Marais ou Saint-Germain-des-Prés, la magie parisienne continue d’y opérer avec succès !
L’emblématique Marais
Son histoire. Très tôt, la Cité, berceau de Paris, se sent à l'étroit entre les deux bras de la Seine. Sur la rive droite du fleuve s'étendent des terrains plats inondés par chaque crue, les marais. Au XIIe siècle, ils sont alors défrichés par l'ordre du Temple et les congrégations religieuses. Par charte royale en 1176, Louis VII le Jeune y autorise la culture et les marais deviennent le jardin potager de Paris. Au XXe siècle et au nom du progrès, l'école Moderne, issue des théories de Le Corbusier, réclame des tours et des barres, entourées de pelouses et de parking dans le vieux Paris. Dans un chaos idéologique et politique, la préfecture de la Seine (1936 à 1965) rase la majeure partie du quartier et la question se pose alors : que faire du reste ? D’ardents défenseurs du Paris historique, tel André Malraux, réussissent in extremis à le sauver en instaurant des plans de sauvegarde et autres festivals de sensibilisation de l’opinion publique face à la dévastation de son patrimoine. Aujourd’hui, maisons de ville avec jardinets privés, passages ouvrant sur des lofts impressionnants, appartements sous les toits de ce quartier de la rive droite, installé dans une partie des IIIe et du IVe arrondissements, offrent un style de vie épicurien et bobo qu’il aurait été dommage de manquer !
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