23 Décembre 2009

Acheter un château, mode d’emploi

 

La France vit à travers plus de 40 000 monuments historiques dont 10 000 châteaux. L'histoire, le style, les volumes… Tout est prétexte à l’achat coup de cœur. Avec des prix frôlant ceux d’un trois pièces à Paris, pourquoi ne pas tenter l’aventure ?

D’après la définition du ministère de la Culture et de la Communication, un château était au Moyen Age, une résidence seigneuriale ou royale, en général fortifiée et défendue par des douves. Par la suite, il représenta une demeure de grandes dimensions liée à une vaste propriété, et comprenant parc et dépendances (palais, demeure royale, manoir…). En note applicative, le ministère explique qu’on ne peut pas appeler château, une simple maison de villégiature sans domaine agricole et/ou forestier contemporain de sa construction. Historiquement, les premiers châteaux étaient des châteaux forts en bois édifiés sur des mottes de terre naturelles ou dressées ad hoc. Ces châteaux forts ont été édifiés entre le XIe et le XIVe siècle, époque féodale où les seigneurs étaient rois sur leurs terres. Souvent entourés d’eau, on y pénétrait par un pont-levis, les murs infranchissables étaient percés de meurtrières et la famille du seigneur vivait dans le donjon. La cour devait permettre d’accueillir tous les habitants du village en cas de siège. Les villes fortifiées se retrouvent principalement sur les frontières historiques du royaume de France comme dans le sud-ouest, qui appartint quelques années aux Anglais. A la Renaissance, les anciens châteaux forts se modernisent et abandonnent leurs aspects défensifs. Apparaissent alors au XVIe siècle les châteaux de la Loire. Les châteaux de l’époque moderne, moins nombreux, n’en sont pas moins fastueux comme le démontre Versailles. Construit sous les règnes de Louis XIII et Louis XIV, ses jardins et fontaines témoignent du rayonnement de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Enfin, nombreux sont les châteaux du XIXe siècle qui se tourneront vers les styles du passé, avec parfois moins de grâce mais plus de confort. Une chose est sûre : en pleine campagne ou au bord d’une ville, à restaurer ou pas, gigantesque ou pas, à meubler ou pas, ils n'ont qu'une seule chose en commun : depuis des siècles, il n'y a pas de bien immobilier plus désirable.

 

L’importance de la desserte aérienne
La fourchette de prix pour ce marché atypique est large, d’une centaine de milliers à plusieurs millions d'euros. Souvent, le prix se fait en fonction de l'état. Il y a des risques pour qu’à 100 000 e, le château soit « un peu défraîchi » et que tout soit à refaire, mais le jeu peut en valoir la chandelle ! A l'autre extrémité de la fourchette, on peut imaginer un monument grandiose et en parfait état, avec une forêt attenante ou plusieurs dizaines d'hectares de terre alentour. Mais entre les deux options, les opportunités ne manquent pas. Le prix d'une propriété ancienne, classée ou non, s'apprécie en fonction de plusieurs critères. Le premier est la situation géographique. Près de Paris et dans le Sud, les prix peuvent vite s'emballer. Les Parisiens comme les habitants de la région PACA sont habitués à des prix élevés et sont prêts à beaucoup dépenser pour une telle demeure. Dans les autres régions, une desserte en TGV ou en avion dans un périmètre de 50 kilomètres influe sur les prix, notamment chez les étrangers. Pour décrocher la meilleure affaire, mieux vaut donc s’éloigner un peu plus dans les campagnes profondes. Le deuxième critère se rapporte à l'environnement. Le calme, la vue et la verdure apportent une valeur ajoutée incontestable. En ce qui concerne l'époque architecturale, les châteaux médiévaux sont abordables, tout comme les bâtiments du XIXe siècle, pâles copies des styles antérieurs. Les demeures les plus cotées sont celles des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, arborant des surfaces élégantes, de belles pièces de réception et un bon confort. Et les travaux à envisager ? C’est souvent là où le bât blesse, surtout s’ils relèvent du gros œuvre : toiture, charpente, isolation, installation du chauffage et des éléments de confort, réfection du système électrique, remplacement des huisseries…


C.V.