Véritable centre nerveux, la cuisine est devenue en quelques années le cœur de la maison moderne. Près d’un tiers des foyers français ont déjà fait le choix d'une cuisine ouverte sur le salon, nouvelle configuration qui fait désormais de l'îlot l'élément central de la pièce, celui autour duquel se réunissent la famille et les amis. Par son implantation stratégique, il est devenu l’axe de cette architecture intérieure revisitée, organisant les circulations, créant le lien entre les espaces, animant ce qui pourrait n'être qu'un simple open-space fonctionnel. Plébiscité pour son extrême modularité, il offre de multiples possibilités d'agencements. Du comptoir de préparation avec plan de travail, table et rangements, au monumental bloc multifonctions associant poste de lavage et pôle de cuisson, rond, carré ou rectangulaire, unique ou double, tout est envisageable ou presque. De surcroît, l'îlot s'adapte à tous les styles d'intérieur, du loft parisien au salon baroque en passant par la cuisine provençale. Si l’îlot central se révèle aussi pratique qu'esthétique, il n'en demeure pas moins imposant, même réduit à sa plus simple expression. Ce qui implique qu'il soit réservé aux grandes pièces et, plus généralement, à celles ouvertes sur un salon. D'autant que, pour pouvoir circuler librement, il faut prévoir des espaces d’environ 60 cm pour un coin repas, 90 cm si vous y intégrez des meubles de rangement et 120 cm pour un lave-vaisselle ou un four sous plan, afin d'ouvrir les portes sans entraver le passage. Pour un pôle de cuisson, il est également conseillé de laisser 40 cm de chaque côté des plaques afin qu'elles ne soient pas placées en bordure du plan de travail, autant pour des questions de sécurité que pour y poser des ustensiles de cuisine.
L'implantation d’une cuisine avec un îlot central se fait généralement en I ou en L. Le plan de travail peut prendre toutes les formes, à l’américaine avec un « comptoir lunch », en bar surélevé avec tabourets hauts… Tout dépend des besoins et de l’espace. Les parties techniques et l'électroménager peuvent être camouflés derrière des façades uniformisées ou carrément intégrés derrière des portes sans poignets, sobre et chic, qui jouent autant l'harmonie et le raffinement que l'ergonomie. Tout est pensé pour faciliter les tâches, limiter les déplacements et créer de la convivialité sans oublier l’esthétisme.
Un îlot loin d’être désert
Si la cuisine est assez grande pour accueillir un îlot, encore faut-il définir ce que l’on veut y intégrer… Les modèles se déclinent dans toutes les dimensions et formes, du simple bloc de boucher à l'îlot multifonctionnel. Deux principes sont à retenir : l’espace dont on dispose et la fonction qu’on lui réserve. On peut, bien sûr, se contenter d’une simple surface de travail pour préparer les aliments ou cuisiner à deux, mais il est intéressant d’y associer certaines fonctions. Deux options sont envisageables. La plus simple consiste en un meuble de rangement, avec un grand plan de travail qui peut se muer le soir en bar ou table pour les repas. Une configuration qui offre l'avantage de ne pas nécessiter de travaux. L'îlot ne doit pas empêcher la circulation tout en ayant une profondeur acceptable si on veut qu'il soit fonctionnel. Pour cela, les spécialistes conseillent de disposer d'un plan de travail de 65 cm de profondeur. La seconde solution, plus imposante, – un îlot de 90 cm de profondeur équipé d’un pôle de lavage ou de cuisson voire des deux –, est plus complexe à mettre en œuvre car elle implique des contraintes techniques et des travaux. En effet, pour intégrer un évier, un lave-vaisselle, des plaques ou un four, il faut prévoir l’installation d’arrivée d'eau, de canalisations d'évacuation, sans oublier le câblage électrique. Sa dimension idéale serait d’1 m à 1,20 m de profondeur et d’au moins 1,80 à 2 m de long. Mais on peut également l'installer perpendiculairement à un mur, ce qui permet de gagner de l'espace et de jouer sur les niveaux en intégrant l’évier d'un côté et la cuisson de l’autre.
Côté style, coloris et matériaux, tout est possible, puisque les îlots sont réalisés avec des éléments et équipements de cuisine. Le style de la cuisine détermine souvent le style de l'îlot. Lorsqu’on achète le meuble et le revêtement de l’îlot, mieux vaut l'harmoniser à ses autres armoires, mais on peut également en faire un élément distinct de décoration.
Un luxe infini
Le stratifié, le bois, l’inox ou encore les « solid surfaces » sont des matériaux qui se prêtent bien à ces différents agencements. Il ne faut pas hésiter à les mélanger en utilisant un type de matériau pour le meuble et un autre pour la surface de travail. Rustique ou design, naturel ou coloré, les fabricants rivalisent de créativité. Dans tous les cas, mieux vaut quand même jouer l’unité, surtout si la cuisine est ouverte sur le salon. Pour cela, on peut jouer sur les détails : intégrer des bibliothèques ou un banc avec des coussins côté cuisine, et des meubles fonctionnels côté salon, l'idéal étant de choisir les mêmes façades pour l'ensemble des éléments. On préférera les armoires équipées de tiroirs coulissants et fermées par une porte unique, plus élégantes et moins caractéristiques du mobilier de cuisine. Le prix varie alors en fonction des marques, des modèles et de la qualité choisis, les écarts s’expliquant par les prestations, les matériaux, les finitions ou les accessoires. Finalement, le seul souci imposé par l’îlot est, en fait, l’action fondamentale qu’impose une cuisine : cuisiner !
Protéger et limiter
Bien qu’esthétique et ergonomique, l'îlot s'accompagne de quelques inconvénients… Grillades, fritures, poisson ou chocolat, dans une cuisine ouverte qui tient lieu de pièce à vivre, l’installation d’une hotte se révèle indispensable pour limiter la propagation des odeurs. Aujourd’hui, très décorative, elle aspire et filtre l’air, retenant aussi les graisses. Pour être vraiment efficace, la hotte doit être plus large que le plan de cuisson au-dessus duquel elle est installée. Il est conseillé de la mettre en marche quelques minutes avant de commencer à cuisiner et de l’éteindre au moins 15 minutes après. Pour un bon renouvellement de l'air, il est primordial de choisir le débit d’aspiration qui correspond à votre cuisine. Pour l’évaluer, il suffit de multiplier sa surface par sa hauteur et le résultat par 12 : on obtient alors le débit par m3/heure minimum. À retenir : au-dessus d’un îlot, plus la hotte est puissante, mieux c’est !
Dans une cuisine, nombreux sont les appareils électriques dernière génération, mais bruyants : robot, four micro-ondes, hotte, machine à café, lave-vaisselle, réfrigérateur, etc. Mieux vaut choisir les modèles les plus silencieux pour limiter les nuisances sonores dans toute la maison. Une plaque de cuisson sur un îlot implique des risques de projections. C’est pourquoi, il est conseillé d’installer des protections en verre pour leur discrétion. Il existe aussi des hottes escamotables qui rentrent et sortent du meuble, protégeant des projections tout en aspirant les odeurs. Une solution intéressante en appartement ou quand il est impossible d’installer la hotte au plafond (hauteur excessive, faux plafonds, etc.). Informés, avisés, ne reste plus qu’à choisir votre îlot trésor !
Céline Varnier