23 Décembre 2009

Chalets, L’élégance en montagne

Chalet de luxe rime avec environnement préservé, vues imprenables, matériaux haut de gamme et prestations de standing. Que ce soit à Megève, Courchevel, il existe des trésors d’architecture, d’histoire et de raffinement à découvrir chaudement !

La Savoie est trop variée pour offrir un seul type architectural. Car les Savoyards n’ont pas manqué d’utiliser dans leurs édifices la pierre des montagnes, les cailloux et galets roulés des torrents et rivières mais aussi le bois des forêts en tenant compte de l’exposition et de la situation en altitude, d’où la distinction essentielle entre la maison des plaines et des cluses, la maison-chalet et le chalet. En tous les cas, le chalet « suisse », qui définit depuis longtemps la plupart des beaux chalets de Savoie et de Haute-Savoie, est une pure invention moderne (n’existant même pas en Suisse !) mais qui a le mérite d’interpeller n’importe quel acheteur amoureux de la montagne.

 

La naissance du chalet haut de gamme
L’avènement de la station-village de Megève est un simple fait de société. En 1916, la baronne de Rothschild, lasse de passer ses vacances d'hiver en Suisse jette son dévolu sur le village de Megève, entraînant avec elle toutes ses relations. En 1922, l’inauguration de l'Hôtel du Mont d'Arbois, à 1 800 m, lance la mode de la résidence en montagne. La baronne est mise en relation avec l'architecte Henri-Jacques Le Même, qui vient de s'établir dans la région. Celui-ci est plutôt engagé dans le mouvement de l’architecture moderne. II objecte que le programme d'une villa ou d'un hôtel est différent de celui d'un bâtiment agricole. Il se laisse pourtant convaincre par sa cliente qui manifeste le désir d'une architecture exprimant son appartenance à la montagne. II prend en compte cette exigence et conçoit un vocabulaire de formes et de couleurs stylisant un à un les éléments qui composent l'extérieur du chalet traditionnel du Val d'Arly, selon un code qu'il appliquera avec constance durant toute sa carrière : toit à deux pans symétriques, pignons habillés de bois, grands balcons, volets peints de couleurs vives, soubassement de pierre et enduits clairs. Cette transposition actualisée d'une typologie traditionnelle va remplacer, dans l'imaginaire des citadins, le « chalet suisse », remarqué alors dans les expositions universelles. Le chalet version luxe était né ! C’est sur ce modèle que tous les chalets prendront exemple, même en version plus contemporaine. Une inspiration de l’ancien où les lignes extérieures s'allient à celles de l'architecture traditionnelle locale, mais où la distribution, l'aménagement intérieur et le confort répondent bien au programme précis de propriétaires aisés et exigeants.

 

Courchevel, architecture bioclimatique
Les chalets de Courchevel sont également nés au début du XXe siècle. A cette altitude de 1 850 mètres, le site, en partie boisé, où l'on ne trouve que quelques rares granges, laisse une grande liberté de conception. Les architectes vont faire une règle de le respecter : il s'agit d'un versant exposé au nord, à peine effleuré par le soleil. Le relief permet la séparation des circulations automobiles et des skieurs, lesquels peuvent regagner leur logement skis aux pieds. La hauteur des constructions ne doit pas dépasser celle des arbres. Les différents quartiers habitables sont clairement délimités. Le produit de cette réflexion est une architecture que l'on appellerait aujourd'hui bioclimatique, architecture authentique dont la simplicité est enrichie par le jeu parfait des proportions. Courchevel s’est ainsi dotée d'une unité architecturale, avec les principes d'une architecture de montagne (toits presque plats, volumes cubiques, revêtements de bois, usage de larges pans vitrés…). L'école de Courchevel marquera pour longtemps l'art de bâtir des chalets en montagne.

C.V.