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Paris - Habiter le Parc Monceau

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Aux frontières des VIIIe et XVIIe arrondissements, le Parc Monceau est un joyau, un îlot de verdure jalousement conservé et entretenu par ses amoureux depuis bientôt trois siècles. Son marché immobilier s’y avère spécifique, et bien souvent confidentiel.

 

Les origines du hameau de Monceau remontent à l’Antiquité. Il se situait alors à l’emplacement de l’actuelle place de Lévis, dans le XVIIe arrondissement de Paris. Mais il ne sort réellement de l’ombre qu’à la fin du XVIIIe siècle, lorsque Louis-Philippe d’Orléans (1747-1793), alors duc de Chartres et cousin de Louis XVI, souhaite y créer un jardin d’agrément à la française. Puis, entre 1773 et 1779, le prince décida d’en faire construire un autre plus vaste, dans le goût du jour, c’est-à-dire de style anglo-chinois. Ce jardin couvrira, à ses plus grandes heures, près de vingt hectares !

« Le Parc Monceau forme depuis sa création un secteur privilégié, alternant immeubles de prestige et hôtels particuliers, explique Vanda Doncelle (Coldwell Banker France et Monaco). Habiter ce quartier ou y posséder ses bureaux a toujours été très chic, notamment pour une clientèle de diplomates et de financiers, ou de grandes entreprises qui aiment y installer leur siège social. Les acheteurs étrangers intéressés par ce secteur sont généralement sensibles au caractère historique de chaque rue, ainsi qu’aux personnalités qui y vont vécu ». Ce passé très prestigieux donne une ambiance particulière au Parc et à ses alentours. La clientèle familiale, qu’elle soit française ou étrangère, choisit d’habiter le Parc Monceau pour la qualité de vie qu’il propose, au cœur Paris, à proximité de l’Ecole Bilingue. « L’offre immobilière y est assez spécifique, ajoute Vanda Doncelle, avec des appartements mesurant rarement moins de 300 m2, et des prix débutant autour de 15 000 €/m2. Le fin du fin étant constitué par les rarissimes appartements en rez-de-jardin privatif avec entrée directe sur le parc. Ou les quelques hôtels particuliers proposés à la vente dans les rues voisines, pour des prix globalement compris entre 7 et 15 millions d’euros ».

A la veille de la Révolution, le développement de Paris incita la Ferme Générale, chargée de percevoir les droits sur les marchandises entrant dans la capitale, à réclamer qu’un véritable mur destiné à la surveillance soit construit. Le jardin de Monceau allait ainsi rentrer dans les limites de Paris. Sa situation géographique, à l’extrémité Nord-Ouest de la capitale, influença le tracé de l’enceinte dans cette partie de la plaine de Monceau et de Clichy. A la suite d’acquisitions de terrains et d’échanges, la propriété du duc de Chartres dont faisait partie ce qui allait devenir le parc Monceau, se trouva donc agrandie. D’une superficie d’environ 19 hectares, les limites de ce nouveau domaine ne bougèrent plus jusqu’en 1861.

En 1793, le Prince mourait sur l’échafaud. Le jardin devint un bien national et subit les dommages révolutionnaires. Un décret de 1794 maintient sa conservation et son entretien, au même titre que ceux des jardins de Versailles, de Sceaux, du Raincy et de Bagatelle. Sous le Directoire, l’administration voulu vendre le domaine mais elle ne trouva que des clients insolvables !

La Restauration allait rendre à la famille d’Orléans tous ses biens et le parc Monceau était bien sûr inclus dans le lot. Lorsqu’il monta sur le trône, Louis-Philippe, pour éviter la réunion de ses biens à ceux de l’État, en fit donation à ses enfants, le 7 août 1830. Il en conservait toutefois l’usufruit. Dans la période de transition entre la Seconde République et le Second Empire, un décret du 22 janvier 1852 voulut contester la régularité de la donation que Louis-Philippe avait faite à ses enfants attribuant la moitié du domaine à l’État; l’autre moitié n’était pas touchée, sa sœur l’ayant léguée directement à ses neveux, à sa mort, en 1847. Il en résulta que le jardin de Monceau fut à la fois dépendance du domaine privé de l’État et propriété indivise des héritiers de Louis-Philippe. Cette curieuse situation allait durer huit ans et se terminer aux dépens de l’ancienne folie du XVIIIe siècle.

 

Appartements haussmanniens pour clientèle familiale

 

Le jardin de Monceau resta dans l’indivision entre les héritiers de Louis-Philippe et l’État de 1852 à 1860. Cette année-là, le percement du boulevard Malesherbes servit de prétexte à Haussmann pour exproprier la totalité du parc au profit de la Ville de Paris. Le parc fut alors amputé d’un peu plus de la moitié de sa superficie. C’est à partir de 1860, sous l’impulsion de Haussmann et d’Émile Pereire, que le quartier de Monceau se transforma et prit la physionomie que nous lui connaissons aujourd’hui

Il revenait à Émile Pereire qui avait acquis le surplus de terrain gagné sur l’ancien jardin (environ 87 000 mètres carrés) d’aménager le lotissement et de vendre peu à peu les nouvelles parcelles. Dès 1861, celles-ci furent délimitées par de nouvelles voies qui devaient recevoir, en 1869, des noms de peintres et celui d’un écrivain. Le contrat entre la Ville de Paris et Pereire stipulait que l’acquéreur s’engageait à fermer les parcelles, en revanche la Ville s’interdisait d’installer dans le parc ni café-concert, ni salle de théâtre ou de danse, ni habitation à usage public ou privé. A la fin du Second Empire, de riches hôtels particuliers étaient déjà sortis de terre. Tous ces hôtels – citons ceux des Rothschild et des Camondo – constituaient un ensemble architectural de styles composites mais néanmoins harmonieux.

Aujourd’hui, le Parc forme un îlot de verdure dans lequel subsistent quelques très beaux hôtels particuliers jalousement préservés. S’il est très rare que ces derniers soient mis en vente, il existe de superbes biens situés à proximité immédiate. A l’image de cet appartement de 198 m2 rue Rembrandt, dans un ancien hôtel particulier, proposé à la vente plus de 3 millions d’euros par l’agence Emile Garcin. Pour une fourchette comprise entre 2,3 et 5 millions d’euros, l’agence compte également dans son portefeuille un appartement familial de 237 m2, avec quelques travaux à prévoir et disposant quatre chambres. L’agence 17e Etoile Immobilier dispose pour sa part d’un appartement de 110 m2 avenue Niel proposé à 1 145 000 euros. Enfin, l’agence Domière Conseil Immobilier présente plusieurs biens dans le secteur du parc Monceau, à commencer par un appartement de 98 m2 refait à neuf, rue Brunel, pour 1,5 million d’euros. Ou encore un appartement de 97 m2 situé avenue des Ternes, avec quelques travaux à prévoir, proposé à 945 000 €.

 

Laura Flu

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